Niki de Saint Phalle (1930-2002) est l’une des artistes les plus populaires du milieu du XXe siècle mais chose surprenante la richesse et la complexité de son œuvre restent à découvrir. Elle a souvent été médiatisée et figure parmi les premières artistes femmes dont le talent a été reconnu de son vivant

La Cabeza fut la dernière sculpture monumentale crée par Niki de Saint Phalle. Cette œuvre n’avait auparavant jamais voyagé au dehors des Etats-Unis et sa présentation à Paris, dans le prolongement de l’exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais, est donc une véritable première en Europe. La Cabeza ou Tête de Mort (Grande) représente un immense crâne, revêtu de miroirs et de pierres colorées. Les têtes colossales sont emblématiques de la civilisation olmèque, les crânes et squelettes étant les symboles majeurs du Jour des Morts et des célébrations religieuses d’origine précolombienne.

 Ces représentations ont le rôle de « memento mori » et sont destinés à rappeler la brièveté de la vie sur terre. La notion de mort et l’espoir d’une vie dans l’au-delà, sont des thèmes récurrents que l’on retrouve tout au long de la carrière de l’artiste qui avait  une santé plutôt fragile. Le message qu’elle a voulu nous faire parvenir par le biais de ces sculptures est un message profondément positif et plein d’espoir : « La mort n’existe pas, autrement dit  life is eternal ».

Niki de  Saint Phalle a probablement été la première femme artiste à s’imposer dans l’espace public sur le plan mondial. Cette artiste franco-américaine a eu le souci très tôt de s’adresser à tous, à un public allant bien au-delà des amateurs et passionnés de musées. Le choix d’un art public doit être considéré comme un choix politique. Cette volonté a été précoce chez l’artiste puisque Niki de Saint Phalle en a fait la ligne essentielle de ses recherches et ce dès le milieu des années 60. Les projets architecturaux et les sculptures monumentales se sont ensuite enchainés tout au long de sa carrière avec la création de  fontaines, de parcs pour enfants, de jardins ésotériques. Elle a également conçu des maisons habitables pour des particuliers. Son œuvre est empreinte d’un caractère joyeux et coloré et on tend quelques fois a en a oublié la violence, l’engagement et la radicalité. Qu’il s’agisse de l’audace de ses performances, du contenu politique et féministe de son travail ou de l’ambition de ses réalisations dans l’espace public.

Pour découvrir les différents œuvres d’art des années vingt, consultez www.art-twenty.com/.